Certificat de résidence algérien 10 ans : conditions et accès
Trois années de certificat d’un an ne donnent pas automatiquement un certificat de résidence de dix ans. À l’inverse, certaines situations familiales ouvrent un accès beaucoup plus favorable. Le même titre de dix ans peut donc être obtenu par des voies juridiques très différentes.
Pour savoir où vous vous situez, la première question n’est pas « depuis combien de temps suis-je en France ? », mais plutôt : mon certificat de dix ans est-il de plein droit, soumis à l’appréciation du préfet, ou pas encore accessible ? L’article 7 bis de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 organise ces différentes voies.
Cette page concerne exclusivement le certificat de résidence algérien de dix ans. Elle ne doit pas être confondue avec la carte de résident de droit commun prévue par le CESEDA, ni avec le certificat « retraité », qui répond à une autre logique.
D’abord : votre certificat de 10 ans est-il de plein droit ou soumis à l’appréciation du préfet ?
| Votre situation | Quand regarder le 10 ans ? | Nature du droit | Point décisif |
|---|---|---|---|
| Titulaire d’un certificat relevant de l’article 7 | Après 3 années de résidence ininterrompue en France | Pas automatique | Le préfet apprécie notamment vos moyens d’existence, votre activité et les justifications produites |
| Conjoint algérien d’un Français | Après au moins 1 an de mariage | Plein droit sous conditions | Séjour régulier, conditions du conjoint de Français et communauté de vie effective |
| Enfant algérien d’un Français | Dès que les conditions sont remplies | Plein droit sous conditions | Moins de 21 ans ou être à la charge du parent français, avec séjour régulier |
| Ascendant d’un Français ou de son conjoint | Dès que les conditions sont remplies | Plein droit sous conditions | Être réellement à charge et en séjour régulier |
| Parent algérien d’un enfant français | À l’échéance du certificat d’1 an correspondant | Plein droit sous conditions | Continuer à exercer l’autorité parentale ou à subvenir effectivement aux besoins de l’enfant |
| Membre de famille d’un Algérien titulaire d’un 10 ans | Après admission au regroupement familial | Plein droit | Être autorisé à résider en France au titre du regroupement familial |
| Résidence habituelle en France depuis l’âge de 10 ans au plus | Lorsque cette résidence peut être établie | Plein droit | Prouver la continuité de la résidence habituelle |
| Plus de 10 ans en situation régulière | Après plus de 10 ans | Plein droit | Ne pas avoir été étudiant pendant toute la période de dix ans |
| Certificat d’1 an « vie privée et familiale » | Après 5 années de résidence régulière ininterrompue si aucune voie plus favorable ne s’applique | Plein droit | Prouver les cinq années régulières sous le régime concerné |
| Rente d’accident du travail ou maladie professionnelle | Dès que les conditions de l’article 7 bis sont remplies | Plein droit sous conditions | Rente servie par un organisme français et incapacité permanente d’au moins 20 %, ou qualité d’ayant droit prévue par le texte |
Le tableau montre pourquoi les durées de 1, 3, 5 ou 10 ans ne sont pas des marches successives d’un même parcours. Elles correspondent à des fondements juridiques différents.
Après trois ans : vous pouvez demander le 10 ans, mais le préfet garde un pouvoir d’appréciation
La première phrase de l’article 7 bis concerne les ressortissants algériens visés à l’article 7. Elle prévoit qu’ils peuvent obtenir un certificat de dix ans après trois années de résidence ininterrompue en France. Le mot important est « peuvent » : cette voie n’est pas une délivrance automatique.
L’article 7 couvre notamment les certificats « visiteur », « salarié », certaines activités professionnelles, le membre de famille admis au regroupement familial auprès d’un titulaire d’un certificat d’un an, le travailleur temporaire, le scientifique et l’artiste. Le certificat « étudiant » relève, lui, du protocole annexé et ne doit pas être ajouté automatiquement à cette voie des trois ans.
La Cour administrative d’appel de Paris l’a rappelé le 29 juillet 2026 : pour cette voie, le préfet examine les moyens d’existence dont le demandeur peut faire état, parmi lesquels les conditions de son activité professionnelle, ainsi que les justifications apportées au soutien de la demande. Une présence de trois ans, à elle seule, ne crée donc pas un droit automatique au certificat.
Il n’existe pas dans l’article 7 bis de salaire minimum universel, de CDI obligatoire ou de formule « trois fiches de paie suffisent ». Des bulletins de salaire, contrats, avis d’imposition, pensions, revenus justifiés ou éléments montrant la stabilité du foyer peuvent être utiles, mais il faut distinguer les pièces qui renforcent le dossier des conditions que le texte impose réellement.
Les situations familiales ouvrent souvent un accès plus favorable
Conjoint d’un Français : au moins un an de mariage
L’article 7 bis prévoit le certificat de dix ans pour le ressortissant algérien marié depuis au moins un an avec un Français, dans les conditions du certificat d’un an de conjoint de Français et de son premier renouvellement. Cela signifie notamment que le conjoint français doit avoir conservé sa nationalité, que le mariage célébré à l’étranger doit avoir été transcrit et que la communauté de vie doit être effective.
La régularité du séjour est expressément exigée pour cette branche du 10 ans. Service-Public affiche actuellement une demande sur l’ANEF. Il ne faut pas confondre cette voie avec la nationalité française par mariage : obtenir un certificat de résidence de dix ans ne rend pas français.
Enfant ou ascendant d’un Français : la notion de « à charge » doit être démontrée
L’enfant algérien d’un Français peut relever du dix ans s’il a moins de 21 ans ou s’il est à la charge de son parent français. L’ascendant d’un Français, ou de son conjoint, peut également y prétendre s’il est à sa charge. Dans ces deux branches, la régularité du séjour fait partie des conditions visées par l’accord.
« À charge » n’est pas une simple déclaration. L’administration peut regarder l’absence ou la faiblesse des ressources du demandeur, les transferts financiers, l’hébergement, la prise en charge concrète et la capacité du descendant à assumer cette aide. Une ancienne jurisprudence du Conseil d’État illustre cette appréciation concrète, mais elle ne crée pas un seuil financier fixe valable aujourd’hui.
Parent d’un enfant français : le 10 ans arrive à l’échéance du certificat d’1 an
Pour le parent algérien d’un enfant français résidant en France, l’article 7 bis est particulièrement favorable : le certificat de dix ans est prévu à l’échéance du certificat d’un an, si le parent exerce encore, même partiellement, l’autorité parentale ou subvient effectivement aux besoins de l’enfant.
La CAA de Paris l’a confirmé en juillet 2026 : une personne qui n’en est qu’à sa première demande sur ce fondement doit d’abord passer par le certificat d’un an ; elle ne peut pas se placer immédiatement dans la situation de l’échéance prévue pour le dix ans. Pour les conditions de la première étape, consultez le guide certificat de résidence algérien d’un an.
Regroupement familial et rente professionnelle
Le certificat de dix ans est aussi prévu pour les membres de famille d’un Algérien déjà titulaire d’un certificat de dix ans lorsqu’ils ont été autorisés à résider en France au titre du regroupement familial. La procédure de regroupement elle-même reste expliquée dans notre guide regroupement familial.
Une autre branche concerne le titulaire d’une rente française d’accident du travail ou de maladie professionnelle avec un taux d’incapacité permanente d’au moins 20 %, ainsi que certains ayants droit d’une rente de décès prévue par le texte. Cette situation relève du plein droit lorsque les conditions de l’accord sont réunies.
Cinq ans de VPF, dix ans de séjour régulier ou résidence depuis l’enfance : trois voies distinctes
Le certificat de dix ans est également délivré de plein droit à l’Algérien qui justifie résider habituellement en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de dix ans. Cette voie ne doit pas être confondue avec le certificat d’un an prévu pour certains jeunes nés en France ayant huit années de résidence et cinq années de scolarité.
Une autre branche vise le ressortissant algérien en situation régulière depuis plus de dix ans. Le texte exclut le cas où toute cette période a été couverte par un certificat portant la mention « étudiant ». Cela ne signifie pas que la moindre année d’études efface automatiquement tout le reste : la formulation de l’accord vise la personne qui a été étudiante pendant toute la période prise en compte.
Enfin, le titulaire d’un certificat d’un an « vie privée et familiale » peut relever du dix ans lorsqu’il remplit déjà l’une des catégories précédentes ou, à défaut, lorsqu’il justifie de cinq années de résidence régulière ininterrompue en France. Il ne faut donc pas transformer cette règle en « toute VPF donne automatiquement dix ans au bout de cinq ans » sans vérifier le régime franco-algérien et la continuité du séjour.
Ce que change réellement le certificat de 10 ans
L’article 7 bis prévoit que le certificat de dix ans permet d’exercer en France la profession de son choix, sous réserve des règles propres aux professions réglementées. C’est un avantage important par rapport à plusieurs certificats d’un an liés à une activité ou à un employeur déterminé.
La durée inscrite sur le titre est de dix ans, mais elle ne signifie pas que vous pouvez fixer durablement votre résidence hors de France. L’article 8 de l’accord prévoit la péremption du certificat après une absence de France de plus de trois années consécutives, sauf prolongation accordée par l’administration.
Le Conseil d’État a précisé que de simples retours ponctuels ne suffisent pas nécessairement à interrompre cette période d’absence. Le sujet n’est donc pas de faire un passage symbolique en France tous les trois ans, mais d’éviter une situation dans laquelle l’administration peut considérer que l’absence continue a dépassé la durée autorisée.
Ne confondez pas non plus ce certificat avec le certificat algérien « retraité ». Ce dernier peut lui aussi être valable dix ans, mais il vise une personne ayant établi sa résidence habituelle hors de France, n’autorise que des séjours limités en France et ne permet pas de travailler.
Demande et documents : le fondement commande encore le canal
La première délivrance du certificat de dix ans n’emprunte pas un canal unique. Service-Public affiche actuellement l’ANEF pour plusieurs branches familiales, notamment conjoint de Français, enfant ou ascendant de Français, parent d’enfant français et membres de famille admis par regroupement familial.
D’autres fondements, comme la rente professionnelle, la résidence depuis l’enfance, plus de dix ans de séjour régulier, cinq ans de VPF ou la voie discrétionnaire des trois ans, restent présentés comme des demandes à déposer auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture.
Le socle documentaire est classique : passeport, état civil, domicile, photo ou e-photo et titre actuel lorsqu’il existe. Les pièces décisives dépendent ensuite du fondement : mariage et communauté de vie, prise en charge, enfant français, autorité parentale, rente, années de résidence, certificats précédents ou moyens d’existence.
La fiche nationale de dix ans est encore marquée « vérifiée le 1er octobre 2024 ». Ses branches sont donc utiles pour le canal et les pièces, mais toute modalité susceptible d’avoir évolué doit être recoupée avec l’ANEF ou la préfecture. Le service officiel ANEF référence actuellement le certificat de résidence algérien de dix ans parmi les démarches disponibles.
Renouvellement : automatique en droit, mais pas sans démarche
L’accord indique que le certificat de dix ans est renouvelé automatiquement. Cela ne signifie pas qu’une nouvelle carte arrive chez vous sans aucune action. Le renouvellement reste une démarche administrative avec dépôt, identité, domicile, photo et titre arrivant à expiration.
Service-Public affiche actuellement un renouvellement sur l’ANEF entre quatre et deux mois avant l’expiration. Comme la fiche principale du certificat de dix ans porte encore une date de vérification 2024, cette modalité doit être contrôlée au moment du dépôt, même si le service ANEF référence toujours le certificat algérien de dix ans en 2026.
La délivrance et le renouvellement du certificat de dix ans sont gratuits selon l’article 7 bis. Un dépôt hors délai peut toutefois entraîner le droit supplémentaire de 180 € prévu par le CESEDA lorsque ses conditions sont réunies. Le guide prix des titres de séjour et timbre fiscal explique séparément ce mécanisme.
B1, examen civique et CIR : ne transposez pas automatiquement la carte de résident de droit commun
Depuis 2026, le niveau B1 et l’examen civique sont devenus des conditions de certaines premières cartes de résident prévues par le CESEDA. Le certificat de résidence algérien de dix ans relève cependant de l’accord franco-algérien, et l’article L.413-7 vise des cartes de résident CESEDA précisément énumérées.
Dans les sources nationales contrôlées pour cette page, aucune disposition de l’article 7 bis ne subordonne le certificat algérien de dix ans à un niveau B1 ou à la réussite de l’examen civique. Le tribunal administratif de Pau, dans un jugement du 22 juillet 2026, a écarté l’application de L.413-7 à une demande fondée sur l’article 7 bis.
Il existe néanmoins une contradiction pratique : au moins une démarche préfectorale en ligne demande actuellement, pour une première délivrance de dix ans, des justificatifs de CIR, de B1 et d’examen civique. Cette consigne locale ne doit pas être transformée par FranceAccueil en condition nationale de l’accord. Si votre préfecture vous demande ces pièces, ne les ignorez pas : conservez la demande et vérifiez le fondement juridique indiqué par l’administration.
Les pages officielles sur le CIR sont elles-mêmes contradictoires sur les certificats algériens. Pour cette raison, cette page ne présente pas le CIR comme une condition générale du certificat de dix ans.
En cas de refus, commencez par identifier la voie que vous avez utilisée
Un refus sur la voie des trois années ne se lit pas de la même façon qu’un refus dans une catégorie de plein droit. Dans le premier cas, l’article 7 bis laisse au préfet une appréciation sur les moyens d’existence et les justifications du demandeur. Dans le second, la question devient surtout de savoir si toutes les conditions du fondement invoqué sont réellement réunies et correctement prouvées.
Il faut donc éviter la formule vague « la préfecture refuse ma carte de 10 ans ». Regardez d’abord la branche invoquée, le motif écrit dans la décision, la régularité du séjour lorsque le texte l’exige, puis les voies et délais de recours. Le guide FranceAccueil sur le refus de titre de séjour traite le contentieux général.
Les textes et décisions qui encadrent le certificat de 10 ans
- Accord franco-algérien modifié, article 7 bis publié par le décret n°2002-1500.
- Service-Public : certificat de résidence de 10 ans pour Algérien, fiche actuellement marquée vérifiée le 1er octobre 2024.
- Service-Public : certificat de résidence d’1 an pour Algérien, vérifié le 1er août 2026.
- CAA Paris, 29 juillet 2026, n°25PA04297 : voie des trois ans et pouvoir d’appréciation.
- CAA Paris, 10 juillet 2026, n°25PA04988 : parent d’enfant français et articulation certificat d’un an / dix ans.
- Conseil d’État, 14 juin 2018, n°410721 : péremption après plus de trois ans d’absence.



