Carte de séjour visiteur : conditions, ressources et demande ANEF

La carte de séjour « visiteur » convient à une situation très précise : vous voulez vivre en France sans y exercer d’activité professionnelle, vous pouvez financer votre séjour et vous disposez d’une couverture maladie. Elle peut convenir à un retraité, à un parent pris en charge par ses enfants, à une personne vivant de pensions, de loyers ou d’un patrimoine, mais elle n’est pas un titre d’attente permettant de travailler librement plus tard.

Au 3 octobre 2026, le seuil publié pour une personne seule est de 1 477,93 € nets par mois, soit 17 735,19 € par an. Ce chiffre est important, mais il ne suffit pas à lui seul : le dossier doit aussi permettre d’établir l’origine et la réalité des ressources, les conditions de logement et la couverture maladie.

Votre projetLa carte visiteur est-elle cohérente ?Point à vérifier
Vivre en France avec une pension ou une retraite étrangèreOui, en principeMontant régulier, assurance maladie, absence d’activité professionnelle en France
Être pris en charge financièrement par vos enfants installés en FrancePossibleSolvabilité du garant, attestation de prise en charge, logement et ressources
Vivre de revenus immobiliers ou d’une épargne suffisantePossibleJustificatifs bancaires et caractère réellement disponible des ressources
Vous installer en France pour créer une micro-entreprise ou exercer une profession libéraleNonIl faut un titre autorisant cette activité avant de commencer
Travailler comme salarié d’une entreprise françaiseNonLe titre visiteur n’autorise pas l’emploi en France
Télétravailler pour un employeur établi à l’étrangerSituation particulièreUne réponse ministérielle de 2026 admet une lecture favorable dans certaines conditions, sans régler toutes les conséquences fiscales et sociales
Rester quelques mois sans projet de prolongationPas forcément une carteFrance-Visas peut orienter vers un visa long séjour temporaire selon la durée et le projet
Citoyen UE/EEE/Suisse retraité ou inactifNonVous ne relevez pas de la carte temporaire « visiteur » : aucun titre n’est normalement obligatoire ; une carte UE/EEE/Suisse « retraité ou inactif » peut être demandée facultativement si ses conditions sont remplies

Les citoyens UE/EEE/Suisse ne relèvent donc pas de cette carte temporaire : ils n’ont normalement pas besoin de titre de séjour et peuvent, s’ils le souhaitent, demander la carte UE/EEE/Suisse « retraité ou inactif » s’ils en remplissent les conditions.

Le seuil de 1 477,93 € est un minimum légal, pas une formule magique

L’article L.426-20 du CESEDA exige des ressources au moins égales au Smic net annuel. Depuis le 1er juin 2026, le Smic net mensuel publié est de 1 477,93 €. Service-Public reprend exactement ce montant pour la carte visiteur et fixe le niveau annuel à 17 735,19 €.

Il ne faut pas transformer ce seuil en « montant conseillé ». Le texte fixe un plancher. L’administration doit ensuite vérifier que vous pouvez réellement vivre en France avec les ressources annoncées, pendant la durée du séjour, sans dépendre d’une activité professionnelle interdite par votre titre.

Service-Public indique également que les conditions de logement sont prises en compte dans l’évaluation. Être hébergé gratuitement peut donc être un élément favorable dans la lecture globale du budget, mais aucune source nationale contrôlée ne dit que l’hébergement gratuit permet de descendre sous le minimum légal publié.

Pension, loyers, épargne ou aide familiale : comment prouver que vous pouvez réellement vivre en France

Les ressources ne se limitent pas à un salaire, puisque la carte vise précisément des personnes qui ne travaillent pas en France. Service-Public cite les rentes, pensions, revenus immobiliers, attestations bancaires, cautions et ressources apportées par un membre de la famille.

Pour un retraité, les pièces les plus naturelles sont les titres de pension, relevés de versement et relevés bancaires montrant la continuité des revenus. Pour une personne vivant de loyers, les baux, avis fiscaux et relevés montrant l’encaissement effectif permettent de documenter des revenus immobiliers plutôt que de simplement déclarer qu’un bien existe.

Une épargne importante peut être matérialisée par des attestations et relevés bancaires. En pratique, un solde disponible peut démontrer une capacité financière, mais il n’existe pas dans les sources nationales vérifiées de formule du type « douze mois de Smic placés sur un compte = acceptation automatique ». La cohérence du dossier reste importante.

Si un tiers vous prend en charge, Service-Public demande actuellement les justificatifs de ressources suffisantes du garant, une attestation de prise en charge financière et sa pièce d’identité. C’est typiquement le cas d’un parent financé par ses enfants établis en France. Là encore, il ne suffit pas d’écrire une lettre : la personne qui promet la prise en charge doit pouvoir démontrer qu’elle dispose réellement des moyens annoncés.

Les allocations familiales ne sont pas prises en compte dans le calcul publié pour la carte visiteur. En revanche, les ressources d’un membre de la famille peuvent être produites dans les conditions décrites par Service-Public. Ce sont deux notions différentes.

Le PACS n’accorde pas automatiquement un titre. Service-Public cite néanmoins le partenaire pacsé ayant moins d’un an de vie commune parmi les situations pouvant demander une carte visiteur si les conditions du titre sont remplies. Il ne faut pas en déduire qu’un an de PACS ouvre automatiquement, ensuite, une carte vie privée et familiale.

Ne pas travailler en France : où passe la limite en 2026 ?

La règle de base est nette. L’article L.426-20 impose l’engagement de n’exercer en France aucune activité professionnelle et précise que la carte visiteur n’autorise pas l’exercice d’une activité professionnelle. Service-Public donne des exemples explicites : salarié, commerçant, auto-entrepreneur, artisan ou profession libérale.

Vous ne pouvez donc pas utiliser la carte visiteur pour créer une micro-entreprise française, facturer comme professionnel installé en France ou commencer un emploi salarié en attendant un changement de statut. Si votre projet devient professionnel, il faut identifier le titre correspondant et obtenir les autorisations nécessaires avant de commencer l’activité.

Télétravail pour un employeur étranger : une clarification importante de juin 2026

Le télétravail transfrontalier a longtemps donné lieu à des réponses contradictoires. Une réponse du ministère de l’Intérieur publiée à l’Assemblée nationale le 23 juin 2026 apporte désormais une précision importante. Le raisonnement ministériel vise une personne qui reste rémunérée par un employeur de droit étranger, n’est pas salariée en France, n’exerce pas d’activité professionnelle en France au bénéfice d’une entreprise située sur le territoire et s’acquitte de la fiscalité liée dans son pays d’origine. Dans cette situation, le ministère indique que l’activité exercée à distance doit conduire à la considérer comme non-active au regard du droit du séjour.

Cette réponse ne transforme pas la carte visiteur en visa général de « digital nomad » et ne doit pas être étendue automatiquement à un freelance, un auto-entrepreneur ou une personne facturant des clients depuis la France. Surtout, cette lecture en droit du séjour ne dispense pas d’analyser séparément la résidence fiscale, les conventions fiscales applicables, la sécurité sociale, le droit du travail et les autres obligations qui peuvent naître en France.

Si votre installation repose entièrement sur un emploi étranger à distance, conservez le contrat, les bulletins de salaire, les informations sur l’employeur et la réponse ministérielle. Sur le seul terrain du séjour, cette réponse 2026 apporte une clarification favorable dans le cas décrit, sans constituer une autorisation générale du travail à distance sous statut visiteur.

Assurance maladie : la couverture doit exister pendant tout le séjour

L’assurance maladie est une condition autonome de l’article L.426-20. France-Visas exige une couverture médicale pour le séjour privé de plus de trois mois et Service-Public demande, pour la carte, une attestation d’assurance maladie couvrant la durée du séjour.

Les sources nationales contrôlées ne fixent pas sur la fiche F302 un plafond de remboursement ou un montant minimum unique de garantie à recopier dans tous les dossiers. Il faut donc éviter les formules commerciales du type « assurance visiteur obligatoire avec 30 000 € de couverture » lorsqu’elles ne correspondent pas au document demandé pour cette procédure.

À l’arrivée, une couverture privée est souvent le moyen de prouver immédiatement la condition lorsqu’aucun droit français n’est encore ouvert. Après une installation stable et régulière, une personne sans activité professionnelle peut, sous les conditions de la protection universelle maladie, demander l’ouverture de droits à l’Assurance Maladie. Ameli rappelle en 2026 que la PUMa couvre les personnes qui résident en France de manière stable et régulière.

Au renouvellement, Service-Public continue de demander une attestation d’assurance maladie. Si vous êtes désormais affilié au régime français, conservez votre attestation de droits et vérifiez la pièce précisément réclamée dans votre parcours ANEF. Il n’est donc pas exact de présenter une assurance privée comme obligatoirement nécessaire pendant toutes les années du séjour, ni de supposer que l’affiliation à la PUMa est automatique dès le premier jour.

VLS-TS, première carte, renouvellement : trois étapes que l’on confond souvent

Si vous arrivez de l’étranger pour vous installer à titre privé, France-Visas indique actuellement que le parcours normal est le visa de long séjour visiteur valant titre de séjour, VLS-TS. Ce visa doit être validé en ligne dans les trois mois suivant l’arrivée. Pour une personne certaine de ne pas prolonger son séjour au-delà de la durée du visa, un visa long séjour temporaire peut être délivré dans certaines situations.

Un VLS-TS validé est déjà votre document de séjour pendant sa période de validité. Vous n’avez donc pas besoin de demander immédiatement une carte plastique à votre arrivée. Le guide FranceAccueil VLS-TS : validation en ligne, taxe et ANEF explique cette première étape.

Quels documents préparer pour la carte visiteur ?

Identité et séjour. Le dossier doit permettre de vérifier votre droit au séjour et votre identité : visa de long séjour ou titre encore valide, passeport ou autre justificatif de nationalité admis, justificatif d’état civil lorsqu’il est requis, justificatif de domicile de moins de six mois et code e-photo.

Conditions du statut visiteur. Préparez les justificatifs de ressources adaptés à votre situation. Si un tiers vous prend en charge, ajoutez ses justificatifs de ressources, son attestation de prise en charge financière et sa pièce d’identité. Le dossier comprend aussi une attestation sur l’honneur manuscrite de ne pas travailler en France et une attestation d’assurance maladie couvrant la durée du séjour.

Autres pièces selon votre situation. Service-Public demande notamment une déclaration sur l’honneur de non-polygamie lorsque la situation l’exige, l’exemplaire signé de l’engagement à respecter les principes de la République et le certificat médical délivré par l’OFII, remis au moment de la délivrance du titre selon la procédure applicable. Au renouvellement, ce certificat médical n’a pas à être produit une nouvelle fois s’il a déjà été fourni.

Si vous souhaitez rester après l’expiration de votre document, Service-Public indique un dépôt en ligne sur l’ANEF entre quatre et deux mois avant la fin de validité du VLS, VLS-TS ou titre détenu. Une attestation dématérialisée de dépôt est générée immédiatement. Elle ne doit pas être confondue avec tous les autres documents provisoires susceptibles d’apparaître ensuite pendant l’instruction.

Si la demande est acceptée, la préfecture convoque le demandeur pour la remise de la carte. Pour les problèmes de compte, dépôt ou suivi, consultez le hub ANEF et démarches en ligne.

300 €, 350 €, 250 € : quel montant correspond à quelle étape ?

Depuis le 1er mai 2026, le VLS-TS au tarif normal supporte une taxe de 300 € lors de sa validation. La carte visiteur n’entre pas dans la liste des catégories bénéficiant du tarif réduit.

Pour la première délivrance de la carte de séjour visiteur, Service-Public affiche actuellement 350 €, soit une taxe de 300 € et un droit de timbre de 50 €. Pour le renouvellement d’une carte visiteur déjà détenue, le montant affiché est de 250 €.

Un dépôt hors délai peut ajouter 180 €, sauf notamment cas de force majeure ou présentation d’un visa encore valide dans les conditions prévues. Le guide FranceAccueil prix d’un titre de séjour et timbre fiscal explique la mécanique fiscale sans la confondre avec les conditions du titre visiteur.

Au renouvellement, il faut encore prouver que votre vie correspond au statut visiteur

La carte est valable un an et renouvelable. Le renouvellement se dépose actuellement sur l’ANEF dans la même fenêtre de quatre à deux mois avant l’expiration, mais le dossier ne se résume pas à montrer l’ancienne carte.

Service-Public demande à nouveau les ressources annuelles, l’absence d’activité professionnelle en France et l’assurance maladie. Un changement important de situation doit donc être assumé juridiquement : si vous travaillez désormais, si votre prise en charge a cessé ou si vos ressources ont fortement diminué, le renouvellement visiteur peut ne plus correspondre à votre situation réelle.

À l’inverse, le fait d’être retraité, hébergé ou soutenu financièrement par la famille n’empêche pas le renouvellement si les conditions peuvent toujours être prouvées. Le guide renouvellement du titre de séjour explique les documents provisoires et les problèmes de dépôt sans répéter ici toute la procédure générale.

Vous êtes Algérien ? Le régime décrit sur cette page ne s’applique pas comme tel. L’accord franco-algérien prévoit un certificat de résidence d’un an « visiteur ». Consultez notre guide certificat de résidence algérien d’un an.

Après cinq ans, la longue durée-UE peut devenir possible, mais elle n’est pas automatique

La carte visiteur peut compter dans un parcours vers la carte de résident portant la mention « résident de longue durée-UE ». Service-Public cite expressément la carte de séjour temporaire visiteur parmi les titres pouvant être pris en compte pour la période de cinq ans, et l’article L.426-18 ne l’exclut pas.

Il faut toutefois réunir plusieurs conditions cumulatives : une résidence régulière et ininterrompue d’au moins cinq ans, des ressources stables, régulières et suffisantes, une assurance maladie et les conditions d’intégration applicables en 2026. Service-Public précise que certaines absences restent compatibles avec le calcul des cinq ans, notamment dans les limites prévues pour les absences temporaires.

Depuis 2026, cette première carte longue durée-UE entre dans le champ de l’intégration républicaine prévue par L.413-7 : niveau de français B1 et réussite à l’examen civique « carte de résident » pour les personnes concernées, avec les exceptions prévues notamment selon l’âge et la situation.

Le Conseil d’État a précisé en août 2026 comment apprécier les ressources

Dans sa décision n°497914 du 3 août 2026, le Conseil d’État a distingué deux choses. Au moment où l’administration statue, les ressources doivent atteindre le niveau exigé par L.426-17, soit au moins le Smic. En revanche, le demandeur n’a pas à démontrer qu’il a atteint ce même montant à chaque instant des cinq années précédentes.

Le préfet peut examiner la nature, le niveau et l’évolution des ressources sur ces cinq années pour apprécier leur stabilité et leur régularité. C’est une différence essentielle : « cinq ans de carte visiteur » n’équivaut donc pas à « carte de résident automatique au cinquième anniversaire ».

Le guide FranceAccueil carte de résident 10 ans et longue durée-UE permet ensuite de vérifier les conditions d’intégration et les autres catégories de carte de résident sans les mélanger avec le simple renouvellement visiteur.

Si le statut visiteur ne correspond plus à votre vie, ne forcez pas le renouvellement

La carte visiteur est cohérente tant que votre projet reste celui d’une personne qui vit en France grâce à des ressources compatibles avec le titre et sans activité professionnelle interdite. Si vous obtenez un emploi, lancez une activité indépendante ou remplissez désormais les conditions d’un autre titre, il faut étudier le changement de fondement avant de commencer l’activité concernée.

Un refus explicite de carte visiteur peut être assorti d’une OQTF. Service-Public indique également qu’une absence de réponse de la préfecture pendant quatre mois vaut actuellement refus implicite pour cette démarche. Dans ce cas, identifiez immédiatement la décision exacte et le délai de recours plutôt que d’attendre une réponse informelle.

Pour la stratégie contentieuse, consultez le guide refus de titre de séjour et recours. Si une OQTF est jointe à la décision, les délais peuvent être beaucoup plus courts et doivent être lus sur la notification elle-même.

Sources officielles vérifiées

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