Autorisation de travail en France : démarches et conditions 2026

Autorisation de travail en France : dossier et conditions 2026

Un étranger non ressortissant de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Suisse doit en principe disposer du droit de travailler en France. Mais une autorisation de travail distincte n’est pas toujours nécessaire : certains visas et titres de séjour autorisent directement l’activité salariée. Lorsque le document détenu ne donne pas directement ce droit, c’est généralement l’employeur, ou son mandataire, qui demande l’autorisation de travail.

Cette page concerne l’autorisation de travail pour une activité salariée. Elle ne traite pas des règles propres aux activités indépendantes, aux professions libérales ou à la création d’entreprise.

Situation / documentAutorisation employeur distincte ?
VLS-TS ou carte « vie privée et familiale »En principe non
Carte de résident françaiseNon
Carte « talent »Non pour l’activité couverte par le titre
ÉtudiantNon jusqu’à 964 h/an ; règles particulières au-delà
VLS-TS ou carte « salarié » / « travailleur temporaire »Oui pour l’emploi concerné
VisiteurLe titre ne permet pas de travailler
Travailleur saisonnierOui pour l’emploi concerné
Carte délivrée par un autre État de l’UENe donne pas automatiquement le droit de travailler en France

Ce tableau présente les situations les plus fréquentes et n’est pas exhaustif. Certaines situations particulières ou certains accords internationaux peuvent modifier ces règles. Les ressortissants algériens relèvent notamment de règles particulières issues de l’accord franco-algérien : consultez le certificat de résidence algérien d’un an pour distinguer les mentions salarié, travailleur temporaire et autres parcours professionnels.


Qu’est-ce qu’une autorisation de travail ?

Une autorisation liée à une activité salariée

L’autorisation de travail est l’autorisation administrative permettant à un employeur d’occuper un salarié étranger lorsque le visa, le titre de séjour ou le document détenu n’autorise pas directement l’emploi envisagé. Elle est donc liée à une activité salariée et à la situation précise du salarié.

Différence avec visa et titre de séjour

Un titre de séjour peut intégrer directement le droit de travailler, ou au contraire n’autoriser qu’une activité pour laquelle une autorisation de travail a été obtenue. Il faut donc toujours partir du document effectivement détenu. La confirmation de dépôt d’une demande d’autorisation de travail, à elle seule, ne permet pas de travailler.

VPF et conjoint de Français

Un VLS-TS ou une carte de séjour « vie privée et familiale » permet en principe de travailler comme salarié sans que l’employeur ait à demander une autorisation de travail distincte. C’est notamment le cas du conjoint de Français titulaire du document approprié. Service-Public signale toutefois une exception particulière pour certains membres de famille d’un résident longue durée-UE d’un autre État membre : la carte VPF correspondante peut ne pas autoriser le travail pendant la première année.


Qui doit demander l’autorisation ?

Responsabilité de l’employeur

Lorsque l’emploi nécessite une autorisation de travail, la demande est en principe déposée par l’employeur ou par son mandataire. Le salarié fournit les éléments nécessaires à la demande et doit ensuite disposer du titre ou document lui permettant effectivement de travailler.

Cas particuliers

Le détachement, certains apprentis, les demandeurs d’asile et d’autres situations particulières obéissent à des règles spécifiques. Cette page reste centrée sur l’embauche classique d’un salarié étranger.

Vérification du titre avant l’embauche

Lorsque l’étranger présente un titre qui l’autorise directement à travailler, l’employeur doit en principe en vérifier l’authenticité auprès de la préfecture du lieu d’embauche au moins 2 jours ouvrables avant l’embauche. Cette vérification n’est notamment pas exigée lorsque l’étranger est inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Sans réponse de la préfecture dans les 2 jours ouvrables suivant la réception de la demande, l’obligation est considérée comme accomplie.

Conditions pour obtenir une autorisation

Les critères de l’article R5221-20

L’article R5221-20 du Code du travail encadre la délivrance. Il ne s’agit pas d’un barème de « chances d’acceptation » : l’administration vérifie plusieurs conditions relatives à l’emploi, à l’employeur, à l’activité et au salaire.

Les métiers en tension

La liste actuellement applicable est fixée par l’arrêté du 21 mai 2025 et varie selon les régions. Lorsqu’un emploi figure dans la liste correspondante, le critère relatif à la situation de l’emploi peut être rempli sans publication préalable de l’offre pendant 3 semaines. Pour la liste région par région, consultez notre guide des métiers en tension 2026.

L’opposabilité de la situation de l’emploi

Dans le cas général, si l’emploi n’est pas sur la liste des métiers en tension, l’offre doit avoir été publiée pendant 3 semaines consécutives auprès du service public de l’emploi, dans les 6 mois précédant le dépôt de la demande. La demande peut être présentée si aucune candidature répondant aux caractéristiques du poste n’a permis de pourvoir l’emploi. La référence actuelle est France Travail et, plus largement, les organismes concourant au service public de l’emploi.

Procédure pas à pas

1. Vérifier si une autorisation est nécessaire

Avant toute démarche, l’employeur doit vérifier le visa, le titre ou le document détenu par l’étranger. Certaines cartes permettent déjà de travailler ; d’autres exigent une autorisation pour l’emploi concerné.

2. Publication de l’offre si nécessaire

Si l’emploi n’est pas dispensé du critère de situation de l’emploi, la publication de 3 semaines doit être effectuée avant le dépôt, dans les conditions rappelées ci-dessus.

3. Dépôt de la demande en ligne

La demande est effectuée en ligne via le téléservice officiel de demande d’autorisation de travail. Une fois la saisie validée, une confirmation de dépôt peut être téléchargée et envoyée par courriel, mais cette confirmation ne vaut pas autorisation de travailler.

4. Instruction du dossier

Le téléservice ne garantit pas un délai national identique pour tous les dossiers. Le temps de traitement dépend notamment du dossier et du service instructeur. Aucune source officielle nationale ne permet de fixer ici un délai moyen uniforme en semaines.

Titres de séjour dispensant d’autorisation

Parmi les principales situations dans lesquelles l’employeur est dispensé d’une autorisation de travail distincte figurent notamment le VLS-TS ou la carte VPF, la carte de résident française, plusieurs cartes « talent », certaines cartes famille/ICT ainsi que les documents délivrés à certains bénéficiaires de protection internationale. Cette liste n’est pas exhaustive : le document exact détenu doit toujours être vérifié.

Étudiant : 964 heures par an

Le VLS-TS ou la carte de séjour étudiant permet en principe de travailler dans la limite de 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle de travail. Au-delà de cette limite, une autorisation de travail peut être nécessaire selon la situation. Cette page ne développe pas le passage d’un statut étudiant à un emploi salarié à temps plein : consultez notre guide sur le changement de statut étudiant à salarié.

Carte délivrée par un autre État de l’Union européenne

Une carte de séjour ou une carte de résident longue durée-UE délivrée par un autre État membre ne donne pas, par elle-même, un droit automatique à travailler en France. Les démarches dépendent du titre demandé en France et de la situation de la personne.

Renouvellement, modification ou nouveau contrat

Lorsqu’une autorisation de travail est limitée dans le temps, son renouvellement doit être demandé selon les règles applicables avant son échéance. Service-Public précise également qu’une autorisation de travail doit être demandée pour chaque nouveau contrat lorsqu’elle est requise. Il ne faut donc pas résumer toutes les situations à un simple « changement d’employeur » : la réponse dépend du titre détenu et du nouveau contrat.

Quelle durée de validité pour une autorisation liée à un CDI ?

Il ne faut pas appliquer une durée unique à toutes les autorisations obtenues pour un CDI : la situation dépend de la décision d’autorisation et du document de séjour détenu. Service-Public précise que lorsqu’une autorisation de travail comporte une date de fin de validité, l’employeur doit demander son renouvellement au cours du deuxième mois précédant cette date. Le CDI ne dispense donc pas de vérifier la validité du titre et, le cas échéant, de l’autorisation.

Avant de déposer : les vérifications utiles

Vous êtes sans titre de séjour ? Ce n’est pas la même procédure

La démarche en ligne classique d’autorisation de travail n’est pas utilisable lorsqu’un étranger se trouve en France sans titre de séjour. Il s’agit alors d’une question d’admission exceptionnelle au séjour, et non d’une simple demande d’autorisation de travail employeur.

Pour le dispositif temporaire lié aux métiers et zones en tension prévu par l’article L.435-4 du CESEDA, les conditions comprennent notamment au moins 3 ans de résidence ininterrompue en France, 12 mois d’activité salariée au cours des 24 derniers mois dans un métier et une zone en tension, et l’occupation au moment de la demande d’un emploi relevant de ces métiers et zones. Ce dispositif est applicable jusqu’au 31 décembre 2026. Pour les règles complètes, consultez notre guide sur la régularisation des sans-papiers en 2026.

FAQ – Autorisation de travail en France

Qui doit demander une autorisation de travail ?

Lorsque l’emploi nécessite une autorisation de travail, la demande est en principe faite par l’employeur ou son mandataire. Certains visas et titres dispensent toutefois de cette autorisation distincte.

Un VLS-TS conjoint de Français permet-il de travailler ?

Oui. Le VLS-TS ou la carte de séjour « vie privée et familiale » permet en principe de travailler comme salarié sans autorisation de travail employeur distincte. Il faut vérifier le document effectivement détenu.

Combien de temps prend une autorisation de travail ?

Il n’existe pas de délai moyen national officiel uniforme. Le temps de traitement dépend du dossier et du service instructeur. La confirmation de dépôt ne permet pas de travailler.

Un étudiant peut-il travailler sans autorisation ?

Le titre étudiant permet en principe une activité salariée jusqu’à 964 heures par an. Au-delà, une autorisation de travail peut être nécessaire selon la situation et le contrat.

Un métier en tension dispense-t-il de publier l’offre ?

Oui, lorsqu’un emploi relève de la liste des métiers en tension applicable, le critère relatif à la situation de l’emploi peut être satisfait sans publication préalable de 3 semaines.

Que faire si je suis sans titre de séjour ?

La procédure classique d’autorisation de travail en ligne n’est pas utilisable dans cette situation. Il faut examiner une éventuelle admission exceptionnelle au séjour, notamment les règles de l’article L.435-4 lorsqu’elles sont applicables.

Sources officielles

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