Prix d’un titre de séjour : timbre fiscal, taxes et tarifs

Deux personnes qui demandent un titre de séjour ne paient pas forcément le même montant. Depuis le 1er mai 2026, une première carte peut coûter 350 € ou 150 €, un renouvellement 250 € ou 100 €, tandis que certains titres ne supportent qu’un droit de timbre de 50 € ou bénéficient d’une exonération plus large.

Le bon montant dépend du fondement exact du titre, de l’étape de la procédure, d’un éventuel tarif réduit et parfois de la régularité du dépôt. Autrement dit, chercher seulement « prix carte de séjour » ne suffit pas toujours. Il faut d’abord savoir ce que vous demandez.

SituationTaxeDroit de timbreTotal courant
Première délivrance, tarif normal300 €50 €350 €
Première délivrance, tarif réduit100 €50 €150 €
Renouvellement, tarif normal200 €50 €250 €
Renouvellement, tarif réduit50 €50 €100 €
Duplicata, tarif normal300 €50 €350 €
Duplicata, tarif réduit100 €50 €150 €
Validation d’un VLS-TS au tarif normal300 €Pas de droit de timbre de carte distinct300 €
Validation d’un VLS-TS au tarif réduit100 €Pas de droit de timbre de carte distinct100 €

Ce tableau donne la mécanique générale prévue par le CESEDA. Il ne signifie pas que chaque étranger paie l’un de ces huit montants : certaines premières délivrances sont exonérées de taxe, certains titres restent soumis uniquement au droit de timbre, et quelques catégories sont exonérées à la fois de taxe et de timbre.

À titre d’exemple, la carte visiteur relève en 2026 du tarif normal : 350 € à la première délivrance et 250 € au renouvellement.

Pourquoi 350 €, 250 €, 150 € ou 100 € depuis le 1er mai 2026 ?

La loi de finances pour 2026 a modifié les articles fiscaux du CESEDA. Depuis le 1er mai, la taxe de première délivrance est passée à 300 € au tarif normal et à 100 € au tarif réduit. Le renouvellement reste taxé à 200 € au tarif normal et à 50 € au tarif réduit.

Le même jour, le droit de timbre prévu par l’article L.436-7 est passé de 25 € à 50 €. C’est l’addition de ces deux éléments qui produit les quatre montants les plus recherchés :

C’est pour cette raison que l’expression courante « timbre fiscal de 350 € » est pratique mais juridiquement imprécise : les 350 € correspondent en réalité à une taxe de 300 € et à un droit de timbre de 50 €, le tout payé par timbres fiscaux.

La date de dépôt n’est pas, à elle seule, le bon critère pour présumer que l’ancien tarif s’applique. La loi est entrée en vigueur le 1er mai 2026 et des préfectures récentes, notamment le Loiret, indiquent que les nouveaux montants s’appliquent aux titres dont la décision de délivrance intervient à compter de cette date, y compris si le dossier avait été déposé auparavant. Dans tous les cas, fiez-vous au montant communiqué au moment de la délivrance plutôt qu’au tarif qui existait le jour où vous avez commencé votre dossier.

Quels titres bénéficient du tarif réduit, d’une taxe à 0 € ou d’une exonération complète ?

Le tarif réduit n’est pas une réduction accordée au cas par cas par la préfecture. Il correspond à des fondements juridiques déterminés par l’article L.436-1. On y retrouve notamment l’étudiant, plusieurs situations liées aux études, la recherche d’emploi ou création d’entreprise, le travailleur saisonnier, le regroupement familial, le jeune au pair, le stagiaire et certaines cartes liées à une rente d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

Régime fiscalExemples de situationsConséquence
Tarif réduitÉtudiant, étudiant-mobilité, recherche d’emploi ou création d’entreprise, saisonnier, regroupement familial, jeune au pair, stagiaire, certaines rentes professionnelles150 € en première délivrance et 100 € au renouvellement, sauf règle plus spécifique
Première délivrance exonérée de taxeNotamment certains jeunes confiés à l’ASE, réfugiés et certains membres de leur famille, bénéficiaires de la protection subsidiaire et certains membres de leur famille, apatrides et certains membres de leur famille, étranger malade, certaines situations militairesLa taxe de première délivrance est à 0 €. Le droit de timbre de 50 € peut rester dû si aucune autre exonération ne s’applique
Taxe non due sur certains titres spécifiquesCarte « retraité » et « conjoint de retraité »Service-Public affiche actuellement 50 €, correspondant au droit de timbre
Exonération taxe + timbreCertains titres précisément énumérés à L.436-8, notamment dans des situations liées à la traite, au proxénétisme ou à certaines violences familiales ou conjugales0 € pour les taxes et le droit de timbre visés par cet article

Le mot « exonéré » doit donc toujours être précisé. Une personne peut être exonérée de la taxe tout en restant redevable du droit de timbre de 50 €. C’est notamment pour cela qu’écrire « réfugié = gratuit » ou « étranger malade = gratuit » sans vérifier l’étape et le fondement exact peut conduire à un mauvais montant.

Les ressortissants algériens nécessitent la même prudence. L’article L.436-6 rend les règles fiscales applicables aux titres prévus par des accords internationaux sauf stipulation contraire, mais le certificat de résidence algérien peut coûter 50 €, 100 €, 250 € ou relever d’un autre régime selon son fondement. Il n’existe donc pas un « prix du certificat algérien » unique. Les montants par mention sont illustrés dans notre guide du certificat de résidence algérien d’un an. Le certificat algérien de 10 ans suit quant à lui une règle spécifique de gratuité prévue par l’accord, hors éventuel droit lié à un dépôt tardif.

Duplicata, VLS-TS et changement d’adresse : trois opérations à ne pas mélanger

Pour un duplicata, l’article L.436-2 prévoit une taxe du même montant que celle applicable à la première délivrance du titre pour le même motif. Avec le droit de timbre de 50 €, cela conduit au tarif courant de 350 € en régime normal ou 150 € en régime réduit, sauf exonération. La procédure elle-même est détaillée dans notre guide carte de séjour perdue ou volée : duplicata ANEF.

Le VLS-TS suit une autre logique : l’article L.436-1 prévoit que la taxe correspond à celle du titre de séjour que le visa remplace. Depuis le 1er mai 2026, le tarif normal est de 300 € et le tarif minoré de 100 €. Il ne faut pas ajouter automatiquement les 50 € de droit de timbre d’une carte physique. Voir le guide VLS-TS : validation en ligne et taxe.

Un changement d’adresse ne signifie pas automatiquement qu’il faut payer 50 €. La déclaration du nouveau domicile peut être gratuite ; le coût apparaît lorsque vous demandez effectivement une nouvelle carte dans les cas où le droit de timbre est dû. FranceAccueil explique cette distinction dans le guide changement d’adresse du titre de séjour.

300 € ou 180 € en plus : deux visas de régularisation totalement différents

Les deux montants sont souvent confondus parce qu’ils portent le même nom de « droit de visa de régularisation ». Ils ne visent pourtant pas la même situation.

Le droit de 300 € prévu par L.436-4 peut intervenir avant la délivrance d’un premier titre lorsqu’un étranger est entré sans les documents ou visas exigés, ou n’a pas été muni d’une carte de séjour dans les délais prévus. Sur ces 300 €, 100 € sont perçus lors de la demande et ne sont pas remboursables. Le texte prévoit plusieurs exclusions, notamment pour les réfugiés, apatrides, bénéficiaires de la protection subsidiaire et certaines catégories expressément visées.

Le droit supplémentaire de 180 € prévu par L.436-5 concerne le renouvellement demandé après l’expiration du délai requis pour déposer, sauf notamment cas de force majeure ou présentation d’un visa en cours de validité. Il s’ajoute au prix normal du renouvellement.

Première demande dans une situation relevant de L.436-4 : potentiellement 300 € de visa de régularisation. Renouvellement déposé hors délai : potentiellement 180 € supplémentaires. Ce ne sont ni le même fait générateur ni le même montant.

Si votre difficulté porte seulement sur le calendrier d’un renouvellement, consultez le guide renouvellement du titre de séjour avant de conclure que les 180 € vous concernent.

Quand acheter le timbre fiscal et où le payer ?

Le timbre fiscal pour un titre de séjour est électronique. Il peut être acheté sur le site officiel timbres.impots.gouv.fr ou auprès d’un bureau de tabac équipé pour éditer des timbres électroniques.

Pour les titres étrangers, le timbre électronique peut être fourni sous forme de document PDF avec code 2D ou sous forme d’un identifiant à 16 chiffres reçu par SMS. L’administration utilise cette référence pour vérifier le paiement.

Évitez surtout d’acheter plusieurs mois à l’avance un montant trouvé au hasard sur Google. Service-Public indique que le paiement du titre intervient lorsque la demande est acceptée, au moment de la délivrance ou de la remise selon la procédure. Une préfecture peut communiquer le montant par SMS, mail, convocation ou espace en ligne, mais le mode de notification varie. Le bon réflexe est d’acheter le timbre lorsque le montant correspondant à votre titre est confirmé.

Si votre carte est déjà en fabrication ou disponible, notre guide titre de séjour en fabrication : SMS et retrait explique la dernière étape sans inventer de règle nationale sur la notification.

Vous avez acheté le mauvais timbre : le remboursement est possible

Le portail officiel des timbres électroniques permet de demander le remboursement d’un timbre non consommé. Il indique actuellement que les timbres électroniques non utilisés sont remboursables pendant 18 mois à compter de leur date d’achat.

Le BOFiP précise que le timbre dématérialisé est valable 12 mois et qu’une demande de remboursement d’un timbre non consommé peut être présentée au plus tard six mois après l’expiration de ce délai. Pour un achat sur internet, le remboursement automatique suppose notamment que le timbre n’ait pas été utilisé ni déjà remboursé et que les conditions du service en ligne soient remplies.

Si vous avez acheté 250 € alors que l’administration réclame finalement 100 €, ou si votre démarche a changé, ne tentez pas de « compléter » ou de réutiliser un timbre au hasard. Vérifiez d’abord si le timbre peut encore servir à la formalité concernée ; sinon, passez par le service officiel de remboursement.

Pourquoi Google affiche encore parfois 225 €, 75 € ou un timbre à 25 € ?

Parce qu’une page officielle peut elle aussi être ancienne. Plusieurs fiches Service-Public encore indexées dans Google affichent les montants antérieurs au 1er mai 2026 : 225 € au tarif normal, 75 € au tarif réduit ou un droit de timbre de 25 €.

Ces chiffres étaient corrects avant la réforme. Ils ne doivent plus être utilisés mécaniquement lorsqu’ils contredisent le CESEDA en vigueur depuis le 1er mai 2026 et l’actualité Service-Public mise à jour après l’entrée en vigueur de la loi de finances.

Pour contrôler un tarif trouvé en ligne, regardez d’abord la date de vérification de la page, puis le fondement juridique du titre. Une fiche ancienne consacrée à une VPF, un salarié ou une carte de résident peut conserver une excellente explication de la procédure tout en affichant un ancien prix.

La même logique explique pourquoi FranceAccueil conserve les montants spécifiques dans les guides titre de séjour étudiant et salarié ou travailleur temporaire, tout en utilisant cette page comme référence transversale pour comprendre la mécanique fiscale.

Sources officielles utilisées pour les tarifs

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