Titre de séjour salarié ou travailleur temporaire : CDI, CDD et renouvellement

CDI ou CDD ? C’est le premier tri à faire. Pour un ressortissant étranger non européen relevant du droit commun, un CDI conduit à la mention « salarié », tandis qu’un CDD conduit à la mention « travailleur temporaire ». Mais le type de contrat ne suffit pas à lui seul : l’emploi doit correspondre à une autorisation de travail, et un nouveau contrat peut imposer une nouvelle autorisation ou même un changement de titre.

Votre situationTitre ou démarche à regarderPoint de vigilance
Vous venez de l’étranger avec un CDIVLS-TS « salarié », puis carte « salarié »L’employeur obtient d’abord l’autorisation de travail
Vous venez de l’étranger avec un CDDVLS-TS « travailleur temporaire », puis carte correspondanteLa durée du titre suit la logique du CDD
Vous avez déjà un titre en France et signez un nouveau contratAutorisation de travail + éventuelle modification du titreUn nouveau contrat n’est pas automatiquement couvert par l’ancien titre
Vous avez une carte « salarié » et passez en CDDPassage vers « travailleur temporaire »La carte « salarié » ne couvre pas automatiquement le CDD
Vous avez une carte « travailleur temporaire » et signez un CDIPassage vers « salarié »Changement de statut/titre à sécuriser avant de commencer
Vous perdez involontairement votre emploi avec une carte « salarié »Renouvellement possible selon votre indemnisation chômageLa protection prévue pour le salarié en CDI ne doit pas être transposée automatiquement au travailleur temporaire

Cette page concerne le parcours de séjour lié à l’emploi. Pour savoir comment l’employeur obtient l’autorisation et quels critères sont examinés, consultez le guide dédié à l’autorisation de travail en France.

CDI ou CDD : le contrat détermine d’abord la mention du titre

Le CESEDA distingue deux parcours de droit commun. L’article L.421-1 prévoit la carte temporaire « salarié » pour l’étranger qui exerce une activité salariée sous CDI. L’article L.421-3 prévoit la carte « travailleur temporaire » pour l’activité salariée sous CDD ou pour certaines situations de détachement.

Dans les deux cas, la délivrance du titre suppose une autorisation de travail préalable pour l’emploi concerné. La carte n’est donc pas une autorisation générale de travailler pour n’importe quel employeur et n’importe quel contrat.

La première carte « salarié » est valable jusqu’à un an. Pour le travailleur temporaire, le CESEDA lie la première durée à celle du contrat ou du détachement, dans la limite d’un an. Cette différence devient importante au moment du renouvellement.

Vous arrivez de l’étranger pour travailler en France

Le parcours commence normalement avant l’entrée en France. L’employeur demande d’abord l’autorisation de travail. Si elle est accordée, vous pouvez demander le visa correspondant à votre contrat : VLS-TS « salarié » pour un CDI ou VLS-TS « travailleur temporaire » pour un CDD.

Service-Public indique que vous pouvez commencer à travailler dès votre arrivée lorsque ce parcours a été correctement suivi. Le VLS-TS doit ensuite être validé dans les 3 mois suivant l’arrivée. En 2026, la taxe de validation affichée pour ces VLS-TS est de 300 €, en plus des droits éventuellement payés pour le visa.

La validation est une étape distincte de la carte qui suivra. Si vous voulez revoir le fonctionnement du visa, de la validation en ligne et de la taxe, consultez notre guide VLS-TS : validation, taxe et démarche en ligne.

À l’approche de la fin du VLS-TS, Service-Public demande actuellement de déposer la demande de carte auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture du domicile au plus tard 2 mois avant son expiration, en vérifiant la procédure publiée localement. Il ne faut donc pas écrire que toutes les cartes « salarié » et « travailleur temporaire » se déposent aujourd’hui par le même écran ANEF partout en France.

Vous êtes déjà en France avec un autre titre

Si vous êtes déjà en France et que votre titre actuel ne correspond pas au nouvel emploi, la question devient celle d’un changement de statut. L’employeur doit obtenir l’autorisation de travail nécessaire, puis vous devez déposer la demande de titre selon les modalités de la préfecture compétente avant l’expiration de votre document actuel.

Le cas de l’étudiant mérite son propre parcours : diplôme, rémunération, relation entre l’emploi et la formation, métiers en tension et titre demandé peuvent modifier l’analyse. FranceAccueil dispose déjà d’un guide spécifique sur le changement de statut étudiant à salarié.

Si l’emploi figure dans une liste de métiers en tension, cela peut notamment modifier certains critères examinés pour l’autorisation de travail. Cette question relève cependant de l’autorisation, pas de la définition même de la carte « salarié » ou « travailleur temporaire ».

Votre contrat change : votre titre doit-il changer ?

C’est le point qui crée le plus d’erreurs. Service-Public précise qu’une autorisation de travail doit être demandée pour chaque nouveau contrat lorsque vous relevez d’un VLS-TS ou d’une carte « salarié » ou « travailleur temporaire ». Le titre autorise l’activité salariée correspondant à l’autorisation obtenue ; il ne vous donne pas un droit indifférencié à tous les emplois.

Titre actuelNouveau contratCe qu’il faut vérifier avant de travailler
Carte « salarié »Nouveau CDINouvelle autorisation de travail pour le nouveau contrat lorsque vous relevez de ce régime. La mention reste cohérente avec le CDI.
Carte « salarié »CDDLe titre « salarié » ne couvre pas automatiquement ce CDD. Service-Public prévoit une demande de changement de statut vers « travailleur temporaire » et indique d’attendre au moins un récépissé autorisant le travail.
Carte « travailleur temporaire »Nouveau CDDVérifier la nouvelle autorisation de travail correspondant au contrat. Le renouvellement pourra suivre la durée du CDD restant ou du nouveau CDD.
Carte « travailleur temporaire »CDILe titre « travailleur temporaire » ne permet pas automatiquement d’exercer ce CDI. Il faut demander le passage vers « salarié » et attendre le document permettant de commencer l’activité.

Cette logique vaut aussi lorsque le changement se produit chez un même employeur : ce qui compte est l’autorisation correspondant au nouveau contrat, pas seulement le nom de l’entreprise.

Quels documents préparer sans fabriquer une fausse checklist universelle ?

La liste exacte dépend du stade du parcours : fin du VLS-TS, changement d’emploi, renouvellement avec le même employeur, chômage, nouveau CDD ou changement de statut. Les fiches officielles demandent toutefois un socle fréquent auquel s’ajoutent les preuves professionnelles correspondant à votre situation.

Bloc du dossierPièces généralement déterminantes
Identité et séjourPasseport ou document admis, VLS-TS ou titre en cours de validité
DomicileJustificatif de domicile récent selon la fiche applicable
PhotoPhotos ou code e-photo lorsque la procédure en ligne le prévoit
Emploi maintenuAutorisation de travail correspondant au poste, DSN ou attestation d’activité professionnelle
Nouvel employeurAttestation de l’ancien employeur destinée à France Travail et nouvelle autorisation de travail
Perte d’emploiAttestation employeur justifiant la rupture et avis de situation individuelle France Travail
Première carte pluriannuellePreuves d’intégration requises : A2 et examen civique lorsque vous êtes concerné, ainsi que les documents CIR demandés

Le contrat d’engagement à respecter les principes de la République figure également parmi les pièces demandées dans plusieurs branches de la fiche Service-Public. Avant le dépôt, reprenez toujours la liste correspondant exactement à votre cas plutôt que d’utiliser une checklist trouvée pour un autre profil.

Combien coûtent le VLS-TS, la première carte et le renouvellement ?

Les montants ont changé au 1er mai 2026. Il faut distinguer quatre paiements qui correspondent à des moments différents du parcours.

ÉtapeMontant actuellement affichéÀ quoi correspond-il ?
Validation du VLS-TS « salarié » ou « travailleur temporaire »300 €Taxe de validation après l’arrivée, distincte du coût initial du visa
Première carte « salarié » ou « travailleur temporaire »350 €Taxe de 300 € + droit de timbre de 50 €
Renouvellement250 €Taxe de 200 € + droit de timbre de 50 €
Dépôt de renouvellement hors délai lorsque le droit s’applique+ 180 €Droit de visa de régularisation supplémentaire, sauf notamment force majeure ou présentation d’un visa valide dans les conditions prévues

Ne confondez pas le droit de visa de régularisation de 180 € prévu pour certains dépôts tardifs de renouvellement avec le montant de 300 € applicable à d’autres situations de régularisation du séjour. Ce ne sont pas les mêmes mécanismes.

Votre carte « salarié » arrive à expiration : trois chemins possibles

Vous gardez votre emploi

La demande de renouvellement doit actuellement être déposée auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture du domicile au plus tard 2 mois avant l’expiration, en suivant les modalités locales. Si la première carte temporaire « salarié » est renouvelée alors que vous continuez à remplir les conditions, Service-Public indique qu’une carte de séjour pluriannuelle de 4 ans peut être délivrée.

Cette première carte pluriannuelle est devenue un vrai point de contrôle en 2026. Dans les situations concernées, il faut notamment justifier d’un niveau de français A2 et de la réussite à l’examen civique. Des dispenses et aménagements existent ; ne supposez pas que la règle est identique pour chaque étranger.

Pour le détail, utilisez les pages propriétaires FranceAccueil sur la carte de séjour pluriannuelle et sur les questions de l’examen civique.

Vous avez changé d’emploi

La préfecture demande notamment la preuve de la rupture du contrat précédent et l’autorisation de travail dématérialisée obtenue pour le nouvel employeur. Le simple fait de disposer encore d’une carte « salarié » valide ne permet pas de considérer le nouvel emploi comme automatiquement autorisé.

Vous avez perdu involontairement votre emploi

La carte « salarié » bénéficie d’une protection spécifique prévue par l’article L.421-1 du CESEDA. Si vous êtes involontairement privé d’emploi et indemnisé par France Travail, Service-Public indique que vous pouvez obtenir une nouvelle carte temporaire « salarié » valable un an. Si, au renouvellement suivant, vous n’avez toujours pas retrouvé d’emploi, la durée du nouveau titre est liée à la durée des droits à l’assurance chômage acquis.

Préparez notamment l’attestation de l’ancien employeur destinée à France Travail et l’avis de situation individuelle France Travail. Cette règle doit rester rattachée au parcours « salarié » : elle ne doit pas être présentée comme une garantie générale applicable de la même manière à toute carte « travailleur temporaire » après la fin d’un CDD.

Et pour la carte « travailleur temporaire » ?

La carte « travailleur temporaire » est construite autour du CDD. À la première délivrance, sa durée suit celle du contrat dans la limite d’un an. Au renouvellement, Service-Public indique que la durée correspond au CDD restant à courir ou au nouveau CDD et qu’elle peut alors être supérieure à un an.

Si vous conservez le même CDD, le dossier comprend l’autorisation de travail et les éléments attestant l’activité. Si vous changez de CDD, il faut notamment la nouvelle autorisation délivrée pour le nouvel employeur. Si vous obtenez un CDI, vous entrez dans le parcours « salarié » et devez sécuriser le changement de statut avant d’exercer le nouveau contrat.

Le renouvellement « travailleur temporaire » est également annoncé par Service-Public comme devant être déposé au plus tard 2 mois avant l’expiration, avec un coût actuel de 250 € et le droit supplémentaire de 180 € en cas de dépôt tardif lorsque les conditions de ce droit sont réunies.

Préfecture, sous-préfecture ou ANEF : où déposer ?

Ne partez pas du principe que tout le parcours se déroule sur l’ANEF. La fiche nationale « salarié / travailleur temporaire » renvoie encore à la préfecture ou à la sous-préfecture et demande de vérifier la procédure de dépôt sur le site du département. Certaines démarches peuvent être dématérialisées localement ou évoluer, mais il n’existe pas une interface nationale unique à décrire comme valable partout.

Si le canal en ligne indiqué officiellement est inaccessible, documentez les erreurs, conservez les captures et utilisez les moyens de contact officiels. Pour les problèmes techniques ANEF, consultez notre guide ANEF bloqué ou dossier sans réponse.

Refus ou silence de la préfecture : changez de parcours

Service-Public indique qu’en l’absence de réponse de la préfecture au bout de 4 mois sur ces demandes, il s’agit d’un refus implicite. Un refus explicite peut par ailleurs être assorti d’une OQTF. À ce stade, la priorité n’est plus de relire un guide sur le CDI ou le CDD : il faut identifier la décision et les voies de recours. Consultez le guide FranceAccueil sur le refus de titre de séjour.

Vous êtes Algérien : ne suivez pas automatiquement ce parcours de droit commun

Les ressortissants algériens relèvent largement de l’accord franco-algérien et du certificat de résidence. Service-Public distingue expressément ce régime de la carte CESEDA « salarié / travailleur temporaire ». Le certificat de résidence d’un an peut porter la mention « salarié », mais les conditions, le canal, les coûts et les effets doivent être vérifiés dans le régime algérien applicable.

Ne transposez donc pas automatiquement les règles de la carte pluriannuelle de droit commun, de l’examen civique ou des taxes ci-dessus à un ressortissant algérien sans vérifier l’accord et la fiche officielle correspondant à sa situation.

Sources officielles vérifiées

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